Nous avons commencé le temps du Carême avec le récit sur les tentations de Jésus au désert et comme chaque année le deuxième dimanche de Carême, nous proclamons le récit de la transfiguration, avec tout ce que cela promet :« les justes resplendiront comme le soleil... »
Nous retrouvons saint Pierre est dans une disposition ravie où l'âme dit au Seigneur des folies !
« Dressons ici trois tentes ! »
Et effectivement, les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean ont reçu une grande grâce sensible. Avec Saint Pierre, les apôtres avaient confessé la grandeur divine de Jésus.
Nous avons vu qu’il leur était difficile d’accepter à la fois les gloires du Messie et ses humiliations. Avec l’évènement de la Transfiguration, voici que devant leurs yeux ils ont la synthèse de ce mystère.
Avec Moïse et Élie c’est tout l'Ancien testament qui s'inclinait devant le Messie glorieux. C’était un témoignage considérable.
La loi et les prophètes s'entretenaient avec Jésus du programme de la rédemption par la souffrance.
En plus de ces deux témoignages il vient s'ajouter un troisième témoignage plus solennel encore et plus décisif avec la nuée lumineuse !
C‘est comme dans les anciennes théophanies, c’est à dire les manifestations de Dieu : c'est Dieu lui-même qui se manifeste ! Parallèle avec l’alliance de la 1ère lecture...
Dans la nuée qui symbolise l'esprit de Dieu, on entend la voix du Père qui confirme que le Messie est son Fils : « Celui-ci est mon fils, mon bien aimé, en qui j'ai mis toute ma complaisance, écoutez-le. »
C'est lui qu'il faut suivre quoiqu'il arrive.
Ecoutez-le parce que le Verbe ne cesse pas de parler à l’Église et aux âmes ! Nous parlons et nous cessons de parler tandis que le Verbe ne se tait pas.
Après la Parole du Père, la Loi et les prophètes peuvent faire silence : Moïse et Élie se retirent.
Une seule tente suffit si on peut parler de tente car Jésus est le temple divin qui traversera par sa Passion une tente pas faite de main d’homme.
Il entrera au Ciel ayant versé son propre Sang ce qui n'a plus rien à voir avec l'entrée du grand prêtre une fois par an dans le saint des saint, derrière le rideau du temple de Jérusalem.
Nous lisons cela dans l'épître aux Hébreux en 8,1 que « nous avons un pareil Grand Prêtre pour l’éternité, qui s'est assis à la droite du trône de la Majesté dans les cieux, ministre du sanctuaire et de la Tente, la vraie, celle que le Seigneur, non un homme, a dressée.»
Le Fils éternel du Père contemplé là sur le mont Thabor par Pierre, Jacques et Jean, s'est empressé de venir prier sur cette montagne en adorateur du Père et le Père l’a confirmé comme son Fils.
Ce que Pierre Jacques et Jean ne comprennent pas tout de suite, c'est qu'il n'y a plus besoin de tente ils vont tout de même être fascinés par cet évènement à tel point qu'ils vont vraiment obéir à Jésus et ne pas en parler avant la résurrection.
Là sur la montagne Jésus était le lieu de présence de la gloire de Dieu !
Même en ayant été témoins de la Transfiguration, ce sera extrêmement difficile de surmonter le scandale de la croix et pourtant ils comprendront un jour que la croix va être pour Jésus le chemin vers sa gloire.
Le pape Benoit XVI (Joseph Ratzinger) écrit dans son livre Jésus de Nazareth (tome 1, Paris Flammarion 2007 page 338) que sur le mont Thabor, Jésus a resplendi de l'intérieur ; il ne fait pas que recevoir la lumière, il est lui-même lumière des Lumières. »
Jésus n'est pas devenu différent de ce qu'il était auparavant ; il change d'aspect. En fait, « ce qui devient visible, c'est ce qui se passe quand Jésus parle avec le Père, l'intime unité de son être avec Dieu… »
« Ce qu'il est au plus intime de lui-même... tout cela devient à cet instant, perceptible par les sens : l’être de Jésus dans la lumière de Dieu, son propre être de lumière en tant que Fils. »
La seconde lecture nous dit justement l’impatience de Saint Paul auprès des Philippiens qui sont nombreux à se conduire en ennemis de la croix du Christ.
Ils n’ont pas compris et Paul attend un changement radical des attitudes et des comportements. Je le redis en pleurant, c’est sa souffrance.
Ceux qui veulent demeurer dans le doute vont à leur perte.
« Leur Dieu c'est leur ventre Saint-Paul pense au ventre et plus, il pense aux désordre liés à lasexualité aussi bien qu'aux excès en matière de nourriture et de boisson.
Il en parle en d'autres endroits (1 Corinthiens 6, 9-10 ; verset 12 et suivants).
Il est possible qu’il dénonce aussi les observances de la loi juive, circoncision, règles et interdits alimentaires car tout cela pourrait cacher l'unique médiation du Christ GRAND PRETRE pour l’éternité !_
A vin nouveau, outre neuve pour notre salut éternel.
Car dit Paul, même si nous sommes encore sur cette terre nous sommes citoyens des cieux grâce au Christ Grand Prêtre.
Je termine avec le premier couplet de l’Ave Regina Coelorum que nous prenons en temps de carême :
Ave Regina Coelorum. Ave Domina angelorum.
Salve, radix, salve porta.
Ex qua mundo lux est orta
Salut Reine des cieux ! Salut Reine des anges !
Salut, tige féconde ! Salut, porte du Ciel !
Par toi la lumière s'est levée sur le monde.
C’est le passage qui me plait, Seigneur Jésus lumière né de la lumière, nous te contemplons et nous t’adorons en ta Transfiguration et aujourd’hui dans la Gloire.
Amen.
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